INSECURITE DANS LE TERRITOIRE DE WALIKALE

 

Communiqué de presse n° 003/BDW/2013

Le Bureau d’Etudes, d’observation et de coordination pour le Développement du territoire de Walikale « BEDEWA » en sigle, attire l’attention de tous les partenaires locaux, nationaux, régionaux et internationaux sur la situation sécuritaire qui prévaut dans le territoire de Walikale et dans la région des grands lacs africains en général.

En effet, c’est depuis le 16 septembre 2013 que la coalition[1] FDLR-Groupe armé NYATURA/FDDH prépare une grande offensive contre certaines localités dans le territoire de Walikale. Les zones ciblées sont particulièrement les groupements de WALOA-LOANDA, WALOA-YUNGU, WALOA-UROBA, LUBERIKE et IHANA. Cette coalition armée s’organise à partir du groupement UFAMANDU 2 dans le secteur de KATOYI en territoire de Masisi. 

Il est incontestablement vrai que cette nouvelle aventure de mauvais goût créera des nouvelles victimes innocentes parmi les populations civiles dont les femmes et les enfants. C’est également évident que ces conflits mettront aux prises divers groupes armés : MAC, FDC, KIFUAFUA, RAIYA MUTOMBOKI, APCLS, SIMBA, NDC et d’autres mouvements des jeunes en gestation, mais non encore structurés. Tous les éléments de ces divers groupes armés proviennent de différentes communautés dans la région. Dans cette logique, les relations entre les diverses communautés tribalo ethniques seront, de près ou de loin, entamées au niveau local. L’acte d’engagement et de fidélité récemment signé à Itebero dans la collectivité secteur des Bakano/Walikale risque également de connaître un mauvais sort, car le risque est grand de voir les parties se désengager du processus en cours face à cette menace imminente. Et, dans ce contexte, le pire est à craindre.

Pour faire face aux attaques de la coalition, des collectes volontaires s’organisent à titre d’efforts de guerre par les paysans, éventuelles victimes, en faveur de jeunes qui seront engagés sur les fronts contre la coalition.

La complexité de la question exige une forte mobilisation et une solidarité provinciale, nationale, régionale et internationale. Il est possible de prévenir et d’étouffer la crise si toutes les parties trouvent leur intérêt dans la paix. D’où, certaines recommandations sont formulées :

 Animateurs des institutions de la République

 –       Déployer, en toute urgence, les Forces armées de la République à Busurungi, Biriko, Itebero dans le territoire de Walikale, et Remeka/Ufamandu I, Bitoyi et Kiterema dans Ufamandu 2 dans le territoire de Masisi, afin d’étouffer la coalition ;

–       Soutenir, renforcer et étendre le processus entrepris à Itebero/Bakano dans tous les coins et recoins du territoire de Walikale ;

–       Relancer le processus d’un dialogue franc et sincère avec tous les groupes armés locaux (résiduels et nouveaux) afin d’aboutir à leur désarmement, démobilisation et  réinsertion sociale. Le réalisme exige que ce débat soit amorcé pour prévenir la mort d’un seul congolais.

A la CIRGL

 –       Traiter avec responsabilité, équité et sans passion la question de la présence des FDLR sur le sol congolais, car leur activisme contribue substantiellement à la persistance des conflits dans la région ainsi que dans la détérioration des relations entre les communautés ethniques de la Province du Nord-Kivu.

 Aux Chefs d’Etats de la région

 –       Accepter de fermer le registre des morts et autoriser le retour de la paix dans la région. Il est temps de donner cette PAIX à ceux qui la cherche. Les hommes passent, mais les institutions demeurent. Travaillons pour la promotion des bonnes relations entre nos peuples respectifs et l’épanouissement des uns et des autres.

 Organisation des Nations Unies

 –          Prendre conscience de ses responsabilités devant l’histoire des nations dans la région des grands lacs africains. Les Nations unies ont plus à gagner dans la paix que dans la guerre. Le Secrétaire Général des NU doit également user de son influence pour mettre fin à la guerre, arrêter les violations des droits et la commission des crimes à l’Est. Ainsi, il aura libéré son esprit de tout remord pour la vie.

 Au Président des USA, Barack Obama

 –          Savoir que la présence d’un américain d’origine africaine à la maison blanche n’est pas un fait du hasard pour l’Afrique et le peuple congolais en particulier. Il faut accomplir la mission de la paix en Afrique. “Qui peut et n’empêche, pêche”.

 Au Peuple congolais

 –          Accompagner, par des prières et supplications à Dieu, toutes les initiatives entreprises et efforts du Gouvernement congolais dans la recherche de la paix et sa consolidation à l’Est et dans la région des grands lacs africains en général.

 Au Gouverneur de la Province du Nord-Kivu

Des années durant, l’implication personnelle voulue du Gouverneur, son Excellence Julien Paluku Kahongya a été moindre ou elle n’a pas du tout été effective. Le Gouverneur n’a pas usé de toutes ses grandes capacités, compétences et qualités personnelles reconnues pour résoudre la crise qui secoue la Province, et pourtant sa volonté et son engagement, au-delà de toute considération politique, peuvent contribuer significativement à la résolution de la crise en Province. Ainsi, il est recommandé au Gouverneur de Province de faire une analyse personnelle approfondie de la situation en dehors de tous les flatteurs qui ont saisi l’opportunité pour faire passer leurs opinions au nom de l’Etat. Dans la mesure où l’autorité s’approprie personnellement la question, des solutions à certaines questions peuvent être trouvées sans beaucoup de peines. “Qui peut et n’empêche, pêche”.


[1] La coalition FDLR-NYATURA FDDH qualifiée de naturelle, semble trouver ses raisons dans les faits sociologiques et historiques dans la région. Exposés à des situations sécuritaires similaires,  ils ne peuvent que coaliser pour faire échec aux menaces communes, a soutenu un notable de la communauté HUTU congolaise.

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