Insécurité grandissante dans le secteur des Bakano en territoire de Walikale

Bureau d’Etudes, d’observation et de coordination pour le Développement du territoire de Walikale/BEDEWA

Communiqué de presse n° 004/BDW/2013

En date du 05 octobre 2013, le groupe armé Raïa Mutomboki a envahi Musenge en plein marché. Par crainte de représailles, les populations civiles se sont soudainement dispersées dans la brousse. Dans cette débandade, les populations ont dû abandonner leurs biens qui, par la suite, ont été pillés par les envahisseurs. Les personnes qui ont attaché assez d’importance à leurs biens ont été tabassées et d’autres torturées. Dans cette sale besogne, les Raïa Mutomboki ont dû prendre avec eux le Chef de Poste d’Encadrement Administratif de Musenge ad intérim, le Chef de centre de Musenge ainsi que le Président de la Fédération des Entreprises du Congo « FEC ». Le Chef de poste secondaire de l’ANR et le Chef de la localité BANAKIUNDILA vivent, quant à eux, dans la clandestinité. Le nombre de femmes qui seraient violées n’est pas encore connu, mais les écoles sont fermées et les activités économiques n’ont pas encore repris. Il y a lieu de souligner que le groupe armé Raïa Mutomboki n’a pas un seul commandement. Pas une seule unité de commandement. Chaque groupe a la sienne, et, ne répond à aucune hiérarchie ; ce qui rendrait complexe la gestion de ses éléments. Néanmoins, le commandement du groupe qui a envahi Musenge a été assuré par le sieur AKILIMALI MITAMBA qui n’est pas signataire de l’acte d’engagement de Itebero. Bien que celui-ci ne soit signataire de l’acte d’engagement d’Itebero, au nom de la solidarité, tout le groupe armé Raïa Mutomboki est responsable de cet acte odieux. Et, ce n’est pas pour la première fois. En plus, beaucoup de cas de tracasseries sur l’axe Itebero-Hombo sont l’œuvre des éléments Raïa Mutomboki. Ils auraient en outre arrêté et détenu le chef de groupement adjoint des BAKANO Monsieur KAMALA MBALO. Clairement, on établit la mauvaise foi de ce groupe armé.

Pour rappel, les deux groupes armés Raiya mutomboki et Kifua fua ont pris une part active au dialogue social tenu à Itebero du 15 au 17 Août 2013. Les deux groupes armés ont apposé leurs signatures sur un acte d’engagement et de fidélité dans lequel ils ont manifesté leur volonté de déposer les armes et d’intégrer, pour certains, les FARDC, et d’autres, de recouvrer la vie civile.

Aux termes de cet acte d’engagement, avec l’accord de deux groupes armés, le Gouvernement devait déployer les FARDC dans les zones jadis contrôlées par ces groupes armés (avant le dialogue). Cependant, pour des raisons que les populations ignorent, le Gouvernement n’a pas également respecté cet engagement. Du 17 Août au 04 octobre 2013, aucun acte significatif n’a été posé par le Gouvernement dans le sens du suivi et de la mise en œuvre de cet acte d’engagement. Et, on craint fort que la situation ne s’empire avec les menaces d’attaques de la coalition FDLR- Nyatura FDDH qui pèsent sur le territoire de Walikale. Il est certain que si la coalition est autorisée, tout Walikale va bouger au rythme de la guerre. C’est à éviter. « La PAIX n’a pas de prix », dit-on.

Fatiguées, les populations civiles se disent être prêtes à en découdre avec le groupe armé Raïa Mutomboki au cas où ses tracasseries continuaient. Sans défense, les populations civiles auront naturellement recours au groupe armé Kifua-fua, ou, elles se constitueront en un autre groupe d’autodéfense. C’est la catastrophe à Walikale car les populations civiles vont vivre le calvaire de la fin de l’année 2013.

A titre préventif, nous recommandons ce qui suit :

Au Gouvernement

– De déployer les FARDC sur l’axe Itebero – Hombo, dans toutes les zones sous contrôle de ces deux groupes armés conformément à leur engagement, et dans les groupements UFAMANDU I et II en territoire de Masisi-frontaliers de Walikale-, pour étouffer la coalition FDLR-NYATURA FDDH ;

– De réserver une attention très particulière à la mise en œuvre de l’acte d’engagement et de fidélité signé par ces deux groupes armés lors du dialogue social de Itebero ;

– De relancer le programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion en territoire de Walikale ;

– De travailler sur la prévention que la « gestion » des conséquences des conflits.

A la MONUSCO

– De se déployer à Itebero, à Musenge et de renforcer les mesures de protection des populations civiles dont on attend souvent parler ;

– D’accompagner efficacement le Gouvernement congolais dans le processus visant l’éradication des groupes armés en Province du Nord-Kivu en général et en territoire de Walikale en particulier.

Goma, le 07/10/2013

= : Prince Kihangi Kyamwami : =

Secrétaire Général

Juriste indépendant

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